Mais ces deux choses, sont-elles si différentes ?»
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
Ce son résonnait dans ma tête, un son parmis tant d'autres, celui des fines goutelettes de pluies nées des innombrables nuages recouvrant entièrement les côtes Sud-Est chinoises, venant étaler sur ma peau quelque peu cuivrée leur long manteau humide. A vrai dire, je n'y prêtai guère attention, simplement, j'admirai le paysage qui s'offrait à moi, s'étendant vers un horizon qui m'aurait probablement parût infini, si ce n'est ce magnifique volcan qui y dressait une imposante limite. Je contemplai sa majestueuse droiture, une fine couche de croûte l'enveloppant de sa cape d'ébène, créant ainsi un contraste frappant avec une nuée grisée s'enroulant autour de cette merveille de la Nature captivant mes iris. Je ne sais pour quelles raisons, mais je me surpris à comparer cette matière grisâtre à une alliance, prête à marquer à jamais son gage d'amour sur l'annulaire gauche que représentait le volcan, symbole de l'union du ciel et de la Terre. Inconsciemment, un sourire vint peu à peu prendre forme sur mes lèvres jusqu'à présent détendues, un sourire triste. Cette soudaine comparaison me rappelait notre situation désastreuse. De nouveau, je détournai mon regard et le plongeai dans le vide, empli d'autant de nostalgie que l'arc mélancolique ayant pris possesion de mes babines, comme à chaque instant où le centre d'intérêt de mes pensées se tournaient vers lui.
Le ciel, la Terre. Lui, moi. Je soupirai, prononçant instinctivement son prénom à haute voix :
«Noha-kun...»
Le bleu azur de ses iris, les nuages de mystères qui l'entourent, les ténèbres régnant dans ses pupilles haineuses lorsque mon image se refléte dans celles-ci, tant de point commun avec cet éternel voile mithyque parsemé ça-et-là de quelques rayons de soleil aux éclats éblouissant.
Le rêve, le mystère, la Légende, le Ciel.
Et la Terre.
Cette Nature aux paysages magnifiques, que l'Humanité à sû exploiter pour ses besoins vitaux. Les forêts, patrimoines qu'on a sû conservé jusqu'aujourd'hui, verdures aux étendues lointaines, un horizon infini, mes iris.
Leur lueur, changeant fréquemment de couleurs vagabondant entre le marron noisetté et l'émeraude, je les comparai souvent aux différents paysages forestiers, que je contemplai de temps à autres au crépuscule, les premiers rayons de lune y reflétant un dégradé violet aux miroitements bleutés, dansant harmonieusement avec la douce symphonie du vent.
La vie, la mort, la Terre.
_Shya ?
Brusquement, je relevai ma tête vers la personne qui m'avait interpelé, ne manquant pas de me heurter dans son torse - je n'avais pas remarqué qu'il s'était accroupi.
_Aïe ! M'écriai-je, précipitant ma main droite sur mon front, comme pour appaiser une douleur inexistante, ce qui équivaut chez ma maladresse maladive, à un simple réflexe.
Détendant l'atmosphère, son rire cristallin vint briser le silence pesant sur le lac désert.
_La prochaine fois, rappelle-moi bien de t'offrir un casque anti-choc pour ton anniversaire, souligna-t-il, cependant que je me poussai vers la droite pour lui laisser une place.
_Quant à toi, ne manques pas de me prévenir de ramener ma batte, ce jour-là.
_Hum... N'empêche que j'ai fait l'effort de te payer ta barre de chocolat favorite que tu ne daignes même pas regarder, fit-il, d'un air faussement outré.
_Il est clair que pour toi cela équivaut à un effort surhumain, répliquai-je.
_Ma chère hôte, y aurait-il, par le plus grand des hasards, une pointe de sarcasme dans votre voix ? Riposta-t-il, un sourire en coin malicieux se dessinant sur ses lèvres.
Détournant mon regard du vide aqueux, je levai mes yeux vers les siens, y dénichant exactement ce à quoi je m'attendais. Là, derrière cette petite lumière verte illuminant ses iris, se dissimulait cette petite Lueur enfantine qui ne les quittait jamais. Cela m'enchantait, si bien que je m'empressai aussi souvent que notre statut nous le permettait de les contempler. Fréquemment, il réussissait ,par je-ne-sais-quels-moyens, à me piéger dans ce labyrinthe aux haies de joie intense, aux impasses emplies de gaieté. Car, oui, en cet instant, se déroulait un match infernal entre celui qui parviendrait à trouver la sortie avant l'autre. J'ouvrai toutes les portes qui me passaient sous la main, découvrant des bouffées de bonnheur chaleureuses, des vagues de malices, des coulées d'effusions jubilatoires. Peu à peu, le sourire nostalgique s'effaçait, cédant la place à la malice, comme à chaques "parties" dans ce labyrinthe d'émotions.
Je ne saurais vous dire au bout de combien de temps, cependant, ce fut moi qui dénicha la sortie, camouflé au beau milieu des profondeurs de son regard.
_On dirait bien, mon cher Kami, ripostai-je, toujours la malice aux lèvres.
_Oh, ta fervente amie et toi êtes en mauvais termes me semble-t-il, dois-je en conclure que j'en suis le fautif ?
Percevant la moue d'incompréhension qu'affichait mon visage, il soupira :
_Ta fidèle et dévoué mauvaise humeur, si tu préfères.
_Soyons optimistes, le temps d'une "durée indéterminée" à te supporter ne devrait pas être long, me convainquis-je de vive voix.
_Je te retourne le compliment, fit-il, le regard perdu dans le néant.
Je m'apprêtai à répliquer lorsque je sentis ses doigts s'enrouler autour de mon poignet. Puis, tout en se relevant, il m'entraîna dans sa course poursuite afin de trouver un abri, au travers de la forêt de bambous qui s'étendait de tout son long sous mes yeux ébahis. Ce n'était pas la première fois que la vue de ce spectacle s'offrait à moi, cependant, à chaque promenade dans les environs, je ne manquais pas de m'éblouir devant tant de beauté. Pas celle que nous appelons "superficielle" ou "extérieure", loin de là, simplement celle propre à la Nature. En effet, nature était le mot le plus approprié, pour décrire cette infinie pureté.
L'esprit plongée dans mes rêveries, je ne prêtai pas attention au tertre s'élevant à deux pas de nous, ce qui me valût une chute vertigineuse à travers les herbes hautes dans lesquelles nous courrions depuis à peine deux minutes.
_Ouille ! M'écriai-je de nouveau, mes cheveux venant mêler leur éclat noir obscur parmis les quelques gouttes de rosée garnissant les feuilles mortes présentes sur le tertre.
_Ta maladresse te perdras, rétorqua Kami, ne manquant pas de rajouter cette petite pointe sinique qui lui était propre.
Me tendant sa main, un sourire amusé vint peu à peu prendre possession de ses lèvres. Quelque peu réticente, je me résignai cependant à accepter l'aide que sa poigne gauche me proposait ironiquement, ne manquant pas de marmonner dans ma barbe.
_La malchance me poursuit, c'est une course effréné ! lançai-je dans le silence étant de nouveau le maître des lieux.
Son rire si familier vint détrôner l'atmosphère pesante instauré par le calme régnant sur cette terre, ne tardant pas à être rejoins par mon enthousiasme grandissant.
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
«我々の概念はただ単純な運;我々の存在、謎の理性に過ぎません。..
けれどもこれらの2つのもの、(彼・それ)らはそれほど異なっていますか?»
